La Vénus à la fourrure, film surprenant et brillant

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Après l’excellent Carnage en 2011, adapté de la pièce de Yasmina Reza, Roman Polanski renouvelle l’expérience du huis clos et de l’action ininterrompue dans la Vénus à la fourrure. Après l’appartement new-yorkais, le réalisateur prend place dans un théâtre parisien où l’action se déroule presque intégralement sur la scène du théâtre, entre deux personnages. C’est de nouveau une pièce qui a été adaptée pour le cinéma, Venus in Fur de David Ives. Roman Polanski dit avoir eu un coup de foudre en lisant la pièce. Elle est elle-même inspirée du roman érotique de Leopold von Sacher-Masoch, duquel le terme masochisme est issu.

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La Vénus à la fourrure était en sélection officielle à Cannes cette année. Le film raconte l’histoire d’un metteur en scène, Thomas, (Mathieu Amalric) qui cherche une actrice pour le rôle principal de la pièce qu’il a écrite. Alors qu’il s’apprête à quitter le théâtre où il a fait passer des auditions toute la journée sans succès, déboule Vanda, une actrice délurée et vulgaire (Emmanuelle Seigner) qui souhaite passer l’audition. Thomas essaie de mettre Vanda dehors mais finit par céder en lui donnant la réplique. Il est stupéfait lorsqu’il s’aperçoit que Vanda connaît le texte par cœur et qu’elle incarne très bien le personnage. L’audition se poursuit et les évènements prennent une tournure inattendue…

Je préfère ne pas vous dévoiler davantage l’histoire pour que vous puissiez l’apprécier pleinement. Polanski présente La Vénus à la fourrure comme une comédie, avec le sado-masochisme pour toile de fond. Mais en plus de nous faire rire, le film nous surprend, nous trouble, nous sidère. Je n’ai jamais rien vu de tel. C’est une histoire dans l’histoire. La pièce jouée par les deux protagonistes est déroulée de bout en bout, entrecoupée par les vraies répliques du film. On plonge dans le jeu des personnages de la pièce, puis on est subitement repêché par un dialogue du film. Le spectateur est sans cesse baladé d’un jeu à l’autre. Tout ceci est fait de manière très subtile et intelligente. On ne décroche jamais, tenu en haleine jusqu’à la fin qui est épique, grandiose.

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Le succès du film tient énormément au talent prodigieux de Mathieu Amalric et Emmanuelle Seigner. L’alchimie entre eux est parfaite. Si Emmanuelle Seigner agace un peu les dix premières minutes, elle se révèle ensuite époustouflante, mystérieuse, drôle et diabolique. Le rôle lui va comme un gant. Mathieu Amalric, acteur et réalisateur, est probablement un des plus grands acteurs français. Il est remarquable dans le film, dans un registre très éloigné de son rôle de psychanalyste dans Jimmy P. au côté de Benicio Del Toro, film également sélectionné à Cannes en mai dernier.

En conclusion, j’ai adoré ce film et je ne peux que vous conseiller d’aller le découvrir. Vous aimerez l’intelligence du scénario et de la mise en scène, le jeu délicieux des acteurs, le thème inhabituel, le décor et l’expérience étonnante d’une pièce jouée dans un film.

Photos © Mars Distribution

 

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