New Order au Casino de Paris

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Pochette de Music Complete – Graphisme par Peter Saville

Novembre est décidément le mois des concerts mythiques. Après Kraftwerk l’an dernier, mercredi j’ai eu la chance de voir New Order. Une logique implacable dans cette chronologie puisque les allemands ont beaucoup influencé les anglais, musicalement mais visuellement aussi, ce concert en était une preuve supplémentaire. Certaines images projetées derrière le groupe faisaient écho au génie visuel de Kraftwerk, comme cette route qui défilait et rappelait Autobahn.

Petit rappel, New Order est un groupe anglais de New Wave (ou synthpop) formé en 1980. Après le suicide de Ian Curtis, 23 ans, leader de Joy Division, les membres restants ont rebaptisé le groupe New Order. Bernard Sumner, guitariste de Joy Division en est devenu le chanteur. Le groupe s’éloigne peu à peu du post-punk pour intégrer des synthétiseurs, le son si symptomatique des années 80. Leur plus gros succès est le cultissime Blue Monday sorti en 1983, dont le Maxi 45 tours est le plus vendu de l’histoire de l’industrie musicale (source Wikipédia).

Suite à la sortie de leur dixième album en septembre, New Order a donné mercredi le premier concert du Music Complete Tour au Casino de Paris. Viennent ensuite une dizaine de dates en Europe d’ici la fin d’année, (tout est complet). J’ai bien failli ne pas avoir de places car le concert a été complet très vite, puis la semaine dernière une poignée de places a été remise en vente, et bien informée grâce à Twitter, je me suis ruée dessus. Un concert de New Order est un évènement, je ne pouvais pas manquer ça, j’ai tellement écouté leur musique et ne les avais encore jamais vus.

Sans surprise, comme pour le concert de Kraftwerk, la moyenne d’âge tourne autour de 45/50 ans. Les fans de la première heure ont fait le déplacement, comme mon voisin, la cinquantaine, costume sombre, chemise blanche et cravate à peine desserrée. M’ayant vu danser et m’époumoner toute la soirée, il me lance à la fin du concert « vous êtes jeune pour aimer New Order » puis me raconte qu’il les a vus pour la première fois en 1982 à Bruxelles. Il me jette des coups d’œil furtifs pendant le concert, je crois que mon enthousiasme et ma groupie attitude le fait bien rire.

Le concert débute avec Singularity, mon titre préféré du nouvel album, puis Bernard Sumner, 59 ans, tout de noir vêtu et baskets Adidas noires à semelles oranges fluorescentes, poursuit avec Ceremony, leur premier single sorti en 1981. Ceremony, un des plus beaux riffs de guitare de l’histoire du rock selon moi, est le titre qui ouvre leur best-of Substance sorti en 1987 que je ne me lasserai jamais d’écouter. Allez-y, c’est cadeau, faîtes-vous plaisir !

Le public, très masculin (et grisonnant donc), a un peu de mal à se chauffer au début puis l’enchaînement des tubes réussit à faire bouger la fosse, beaucoup moins le balcon. Je ne m’explique toujours pas comment on peut assister à un concert assis, et encore moins un concert de New Order… Par chance, côté jardin, là où nous sommes installés, l’ambiance est festive. Nous mettons le feu dès le début à coups de cris, chants, air synthé et air guitare, mouvements d’épaules façon années 80… Nos sièges ne servent qu’à poser nos affaires. La chaleur suffocante du théâtre nous fait ruisseler mais pas question de ralentir la cadence, nous n’aurons peut-être plus jamais l’occasion de voir le groupe sur scène alors nous donnons tout jusqu’au bout.

Les titres du nouvel album, Plastic, Restless, Tutti Frutti… s’enchaînent et se mêlent habilement aux tubes historiques du groupe Temptation, Bizarre Love Triangle mais aussi Crystal (2001). Les jeux de lumière, visuels, clips, images, paroles défilant sur les écrans subliment un show millimétré et largement à la hauteur de mes attentes. On sent un vrai plaisir du groupe à jouer ses vieilles chansons et à faire découvrir ses nouvelles, très bien accueillies par les fans. Après une hésitation à la première écoute en septembre, je trouve l’album Music Complete très réussi, l’ADN du groupe est bien présent mais New Order apporte une certaine nouveauté et a toujours autant de talent pour composer des tubes taillés pour le dancefloor. Le groupe anglais Hot Chip, sorte de fils spirituels de New Order, a fait un bon remix de Tutti Frutti, à écouter ici. (Hot Chip en concert sur cette même scène du Casino le 18 novembre, vu 2 fois et vivement recommandé).

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Les anglais ont gardé Blue Monday, que tout le monde attend, pour le rappel, puis deux chansons rendent un hommage émouvant à Ian Curtis. Le concert se clôt avec Love will tear us apart, tube de Joy Division dont les paroles défilent entrecoupées du message « JOY DIVISION FOREVEVER » en lettres capitales derrière les musiciens. Puis c’est fini, le groupe disparaît sous les cris et applaudissements chaleureux du public, quelle belle fin !

Tous les titres que j’attendais ont été joués et quel bonheur de les entendre en live. J’ai passé un excellent moment, j’aurais aimé un public un peu plus survolté mais soyons indulgents, je n’aurais peut-être pas la même énergie qu’aujourd’hui dans 15 ou 20 ans. Et d’ailleurs, quel groupe écouté à 30 ans irais-je voir en concert à 50 ans ? Les paris sont ouverts. En tous cas, une telle longévité impose le respect car il faut bien le dire, les anglais de New Order ont en 2015 encore et toujours la classe et le talent!

J’ai épargné cet article de mes piètres photos du concert. Vous pouvez jeter un œil à mes 3 très courtes vidéos du concert sur mon compte Instagram.


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