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Serge Kaganski à propos de Kechiche et des critiques ciné

Sur Mediapart, Emmanuel Burdeau défend le film avec des pincettes, tenant ce propos qui me laisse abasourdi : « On gardera toutefois la tête froide, ce dont la critique semble n’avoir jamais été capable avec Kechiche. » Mais c’est dingue ça ! Il faudrait cacher sa joie, se retenir de jouir, ne surtout pas vibrer, ça pourrait salir la tenue impeccable du critique-penseur. M’enfin, le cinéma n’est pas un cadavre à disséquer, c’est une chose vivante, mouvante, génératrice d’élans et d’affects. Il faut certes l’analyser, le penser, mais l’exégèse ne doit pas empêcher de vibrer, de ressentir, de s’abandonner. Rester froid ? Non, mille fois non, si les films le commandent, il faut être chaud bouillant, brûler avec. Le ressenti incandescent n’est pas moins noble que la réflexion glaciale.

Extrait d’un article de Serge Kaganski (critique ciné aux Inrocks) paru sur son blog le 28 mai, au sujet du film La vie d’Adèle, film d’A. Kechiche, palme d’or, et des critiques reçues.

Je trouve ses mots beaux et justes et j’aime que M. Kaganski s’enflamme de la sorte pour un film. Je partage totalement son avis. Lorsque je vois un film qui me touche, je n’ai pas peur de m’enflammer, je ne retiens pas mes émotions. C’est à cela que sert le cinéma, non? C’est en tout cas cette quête d’émotions et de sensations qui me pousse à fréquenter si souvent les salles obscures.
Je suis d’accord avec Kaganski, le critique ciné est souvent beaucoup trop froid, quand il n’est pas carrément sapeur de moral. Son rôle n’est-il pas plutôt, lorsqu’il est séduit pas un film, de prêcher la bonne parole, de rallier un maximum de lecteurs à sa cause, de tout simplement vendre du rêve? Heureusement, certains critiques parviennent très bien à le faire et m’enrôlent gaiement dans leur trip cinématographique.